La viticulture traditionnelle dans l’Aude est en danger de mort (communiqué 10.03.2012)

Publié le par schivardi

Communiqué de Gérard Schivardi et Véronique Puig,

candidats POI aux élections législatives dans la première circonscription

 

La viticulture traditionnelle dans l’Aude est en danger de mort.

En 2008, tous les Etats européens ont voté à l’unanimité (moins l’Allemagne) la suppression des droits de plantation pour 2016. Les droits de plantation ne servent pas seulement à réguler les productions, ils servent aussi à protéger les exploitations, très souvent familiales, que nous avons dans notre département, contre la tentative des grands groupes financiers de produire à fort rendement sur des parcelles immenses qu’ils auront créées et irriguées. Dans les pays où ces droits ont déjà été supprimés, on assiste à un transfert de la propriété du vignoble des petits producteurs vers l’industrie, comme l’indique le rapport Vautrin à propos de l’Argentine. La libéralisation des droits de plantation entraînerait à coup sûr une disparition progressive des viticulteurs de notre département.

Le PS, par l’intermédiaire du sénateur Roland Courteau, a demandé aux mairies de délibérer. Mais à lire le texte de la délibération-type qui a été proposée, on ne peut que s’interroger. S’agit-il de garder les droits de plantation ou bien d’inciter la Commission européenne à faire, comme le dit le texte, une « nouvelle proposition législative » ? Le problème est d’importance, car le rapport Vautrin (député UMP de la Marne ) propose, par exemple, de confier les droits de plantation aux interprofessions, organismes créés par le gouvernement Jospin dans lesquels les viticulteurs ne pèseraient pas lourd face au négoce et à la grande distribution. Est-ce défendre la viticulture que de la placer encore plus sous la tutelle du marché qui les écrase déjà ?

Le deuxième problème du texte, c’est qu’il place les intérêts des viticulteurs entre les mains de Sarkozy et de l’Union européenne. Il s’agit de « demander au gouvernement et au Chef de l’Etat de poursuivre leurs efforts », de « demander à la Commission européenne d’entendre la position portée par la quasi-totalité des pays producteurs ». Sarkozy, son gouvernement, l’Union européenne sont ceux-là mêmes qui ont mis les viticulteurs dans la situation catastrophique où ils se trouvent. Est-ce raisonnable de leur confier les clés de leur survie? La seule issue n’est-elle pas plutôt que la France refuse d’appliquer la libéralisation des droits de plantation et qu’ils continuent, comme par le passé, à être géré par le service public des douanes ? N’est-ce pas sur cette position que l’unité doit se faire ? On nous répondra peut-être qu’une telle attitude serait en rupture avec l’Union européenne et ses traités. Mais si le sort de nos viticulteurs est en jeu, et si on entend vraiment les défendre, peut-on hésiter une seconde ?

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