Schivardi: "Un président ça ne sert à rien" (Var Matin, 08.02.2012)

Publié le par schivardi

Schivardi: "Un président ça ne sert à rien"

gs.jpgPublié le mercredi 08 février 2012 à 11h05

Pour Gérard Schivardi, l'Europe et la finance privent l'État de tous ses moyens d'action. Charles Platiau/Reuters

Candidat en 2007 du Parti ouvrier indépendant, le maire de Mailhac (Aude) tourne le dos à la présidentielle et envisage de voter blanc dans (presque) tous les cas


À la mairie de Mailhac, (400 habitants), c'est Monsieur le maire qui répond lui-même au téléphone. Gérard Schivardi, à l'accent reconnaissable entre mille, s'est fait connaître lors de la présidentielle de 2007. Candidat du Parti ouvrier indépendant, il n'avait certes pas brillé par son score (moins de 1 % des voix) mais on n'a pas oublié ses prestations télévisées et ses déclarations fracassantes. Il faudra s'en passer : l'artisan-maçon de l'Aude ne veut plus être président.


Pourquoi n'êtes-vous plus candidat ?


Je ne suis pas candidat car cette élection présidentielle ne sert à rien. Elle est inutile, le président de la République ne peut rien faire, tout est soumis aux directives européennes. L'État n'a plus aucune marge de manœuvre. En ce moment, on nous parle beaucoup du Conseil national de la Résistance. Mais à l'époque, la France pouvait décider de son sort. C'est fini depuis longtemps. Et quand on nous cite Airbus industrie comme un exemple de la réussite européenne, ça me fait rire. Aujourd'hui, on ne pourrait plus lancer une telle entreprise car elle a bénéficié d'aides des États. Et maintenant, c'est interdit.


Mais en étant candidat, vous auriez pu faire entendre votre voix ?


Oui, ça m'a fait un peu hésiter surtout quand je vois que certains ont repris quelques-unes de mes idées sur l'Europe. Et se font entendre. Je pense à Mélenchon, Le Pen, Dupont-Aignan. En tout cas, je constate que même si on ne m'invite plus sur les plateaux de télé, mes convictions sont de plus en plus partagées par les Français. Ce sont les financiers qui régissent tout et le peuple qui subit. Mais je vous rappelle qu'en 2007, j'annonçais que si j'étais élu président, ce serait juste pour six mois, le temps de mettre en place une Assemblée constituante.


Alors vous n'allez pas voter ?


Si, bien sûr, car des gens sont morts pour conquérir ce droit. Mais j'envisage sérieusement de voter blanc.


Même si le deuxième tour se jouait entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ?


Non, je crois que je me rappro-cherais tout de même de Mélen-chon. Et lui demanderait d'aller jusqu'au bout de ce qu'il dit. Mais dans tous les autres cas de figure, je vote blanc. De toute façon, ceux qui défendent aujourd'hui des points de vue bien arrêtés, au deuxième tour, ils demanderont de voter pour le candidat de l'UMP ou du PS. Ce qui revient au même et ne changera absolument rien à la situation catastrophique de la France, de l'Europe et du monde.


Et qu'est-ce qui pourrait faire changer les choses ?


La première chose à faire c'est de renationaliser en urgence notre système bancaire. En 2007, j'avais averti que si on ne le faisait pas, on courrait à la catastrophe. On sait ce qu'il s'est passé. Il faut aussi sortir en vitesse de l'Europe telle qu'elle est et se débarrasser de l'euro. Et bien sûr annuler la dette. Carrément. Si ceux qui ont des milliards en perdent un peu au passage, tant pis. Ce n'est pas au peuple de payer.


Vous continuez tout de même votre combat ?


Bien sûr mais à l'Assemblée nationale. Aux législatives, nous serons, comme moi dans l'Aude, environ 150 candidats du Parti ouvrier indépendant dont je suis un membre fondateur. Ma première proposition de loi si je suis élu : réduire de moitié les indemnités de tous les élus. Les politiques se sont trop éloignés du peuple. ça ne peut plus continuer comme ça. Je suis très inquiet pour l'avenir, j'ai une peur bleue pour notre jeunesse. Tout va finir par exploser. Il y a trop d'injustice dans le monde.


Avez-vous donné votre parrainage à un candidat ?


J'ai reçu une trentaine de demandes. Et je n'ai pas donné ma signature. Je n'en ai pas envie, même si j'ai rencontré des gens intéressants. À ceux-là, je leur ai conseillé de ne pas s'embarquer dans cette histoire.

Publié dans article de presse

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